Application numérique « Qui fait bzz ? » en classe maternelle (fiche pédagogique)

Qui fait bzz ? - icône de l'application pour les tout-petits de Sabine De Greef

Cet atelier numérique d’une heure environ permet un moment de lecture (inter)active par petits groupes sur tablette tactile du livre-application « QUI FAIT BZZ ? » de Sabine De Greef.

Nous vous proposons ici un scénario pédagogique intégrant livres (numérique et imprimés), tablette numérique (TICE), arts appliqués ainsi qu’une petite activité physique pour délier les doigts.

L’ensemble du texte est composé principalement de questions, ce qui permet aux enfants d’entrer dans un dialogue avec la jeune narratrice. Cette lecture peut être accompagnée d’échanges en groupe, d’activités ludiques permettant la verbalisation et d’une activité débranchée. Le bricolage d’un « pantin » permet, lui, de reproduire la technique utilisée par l’auteure pour composer les personnages de l’histoire animée. Ce retour à la matérialité est vital : les enfants sont confrontés au processus de création du contenu numérique et abordent ainsi de manière indolore quelques concepts de base de la programmation informatique dès le plus jeune âge.

 

Description et objectifs généraux 

Il nous semble important que l’apprentissage de la lecture d’un livre numérique soit accompagné de la même manière que l’est celui d’un livre imprimé. À ce propos, nous vous conseillons entre autres de suivre André Tricot, chercheur et directeur du CLLE – Laboratoire Travail & Cognition à l’Université de Toulouse.
Devant l’écran tactile, le petit lecteur n’est plus simple spectateur mais partie prenante de l’histoire : il serait en ce sens ce que Jean-Louis Weissberg qualifie un « lect-acteur ». Cela demande un accompagnement des adultes  – voire d’enfants plus âgés (un binôme PS / GS peut être très intéressant à exploiter).

Qu’est-ce que la lectacture ?
La lectacture a l’avantage d’insister sur l’acte, l’activité pratique, reposant sur des gestes. Puisque le document hypermédia est devenu acteur, il exige des actes pratiques (et non seulement théorétiques ou axiologiques) pour engager le trafic du sens. La sémiotique de la lectacture déploie une chorégraphie mélangeant signes et actes. L’interactant deviendrait , d’une certaine manière, l’interprète de l’hypertexte ou de l’hypermédia, au sens musical du terme, faisant preuve éventuellement de virtuosité (mais n’en étant pas le compositeur) – Jean-Louis Weissberg (2001) Figures de la lectacture – Communication et langages

Niveau et durée : 
– classes de maternelle – PS, MS et GS ;
– une petite heure.

Disciplines impliquées : 
Français, arts appliqués, numérique.

Organisation : 
– par groupe de 2 ou 3 par tablette ;
– via vidéo-projecteur.

Objectifs pédagogiques :
– mobiliser le langage (oral et écrit) ;
– agir, s’exprimer, comprendre à travers les activités artistiques : production plastique et visuelle, univers sonore ;
– construire les premiers outils pour structurer la pensée : explorer les grandeurs et suites organisées ;
– utiliser des outils numériques.

Compétences visées :
– comprendre des textes écrits (sans autre aide) que le langage entendu ;
– participer verbalement ; communiquer avec les adultes et avec les autres enfants par le langage, en se faisant comprendre ; s’exprimer dans un langage syntaxiquement correct et précis ; reformuler pour se faire mieux comprendre ;
– pouvoir redire les mots d’une phrase écrite après sa lecture par l’adulte, les mots du titre connu d’un livre ou d’un texte ;
– classer des objets selon un critère de longueur / masse ;
– reproduire un assemblage à partir d’un modèle ;
– littératie numérique : se retrouver sur la tablette, savoir identifier les différents outils et fonctionnalités à leur disposition ; savoir lire un livre numérique et créer à l’aide de l’outil.

13138958_1078089175582050_2138137487315370513_nQu’est-ce que la littératie numérique ? 
Dans son approche conceptuelle, Habilo Médias (Centre canadien d’éducation aux médias et de littératie numérique) s’appuie en particulier sur trois éléments de base pour définir la littératie numérique, à savoir l’habileté et la capacité d’utiliser les outils et les applications numériques, la capacité de comprendre de façon critique le contenu et les outils des médias numériques ainsi que la connaissance et l’expertise pour créer à l’aide de la technologie numérique. – Educsol

 

Déroulé de la séance : Livre numérique interactif en classe maternelle

Suivant les options choisies, l’atelier numérique peut varier d’une heure à une heure trente. 

1. Petite gymnastique douce des doigts (5mn)

Pour délier les doigts avant de les poser sur la tablette, rien de tel qu’une petite gymnastique douce (vidéo ci-après : Sugar Aunts) ou une comptine avec des jeux de doigts.

On peut profiter de ce moment de relaxation pour faire connaissance avec la morphologie de nos doigts…

Savez-vous pourquoi la tablette numérique d’Apple s’appelle « iPad » ? 

Pad désigne le coussinet à l’extrémité des phalanges  (la pulpe) en anglais… C’est pourquoi il est important d’utiliser le petit bout dodu du doigt et non pas le bout de l’ongle !

.

2. Faire connaissance avec la tablette (10-15mn)

2.a pour les plus petits : on peut éventuellement leur rappeler les petites règles fixées ensemble pour utiliser la tablette tranquillement.

CotCotCot-application-enfants-sur-l-App-Store-logo-PPDA-pour-petits-doigts-appliquesNous avons pour cela une application-jeu « Pour les petits doigts… appliqués » – une appli qui vous laisse fixer les limites autour de petits principles simples comme :
– l’écran est fragile
– les mains doivent être propres
– quitter l’appli et aller sur internet n’est pas possible sans la permission d’un adulte
– le volume du son ne doit pas être trop fort
– on fait attention au temps passé sur l’écran
– une page pour dessiner une autre règle imaginée par la classe… vous pouvez alors en faire une copie d’écran et l’imprimer.

.

2.b pour les plus grands : on peut commencer à leur expliquer comment allumer, mettre en veille et éteindre l’appareil ; leur donner le bon vocable pour désigner l’espace de travail de la tablette tactile (bureau, écran d’accueil, dossier, icône, application…). Et puis, les valoriser et les responsabiliser en expliquant que les gestes qu’ils font sur l’écran n’ont pas besoin d’être faits dans la précipitation.
Force a été de constater lors de notre aventure avec les petits lutins ardennais (La cuisine des nutons) que les enfants n’écoutaient pas les instructions de départ : « pose trois doigts pour accéder au jeu, cinq doigts pour écouter l’histoire« .
La plupart des élèves auront déjà eu un contact avec les écrans tactiles mais pour jouer essentiellement à des jeux de grands rythmés par une musique étourdissante et des activités binaires (je tape, je tape pas, je tape, je tape pas, je tape, je tape pas, je tape, je tape pas, je tape, je tape pas, je tape, je tape pas, je tape, je tape pas).

Comment permettre aux enfants ne sachant pas encore lire d’identifier le contenu des dossiers sur la tablette ? 

Sur le site de Véronique Favre, vous trouverez une astuce fute-fute de nos cousins Québécois pour organiser les dossiers grâce aux émoticônes… et les rendre accessibles même à ceux ne sachant pas encore déchiffrer les lettres.

.

3. L’histoire ! (20mn)

Il est possible de travailler sur la complémentarité papier-numérique de plusieurs manières :

Qui fait bzz ? - icône de l'application pour les tout-petits de Sabine De Greef.
3.a Lecture des livres de Sabine De Greef : Et bada boum… + Qui fait bzz ?

Il est possible de lire « Et… bada boum » un livre précédent de Sabine De Greef publié par l’Ecole des Loisirs (collection Pastel) avant de poser les doigts sur l’écran et les écouteurs sur les oreilles et de découvrir Qui fait bzz ?

9782211211376Nous conseillons un moment de lecture « ensemble » sur la tablette :
– soit par petit groupe de deux ou trois ;
– soit tous ensemble en utilisant un vidéo-projecteur.
.
Cela oblige les enfants à coopérer (partager l’écran n’est pas chose facile) et à échanger commentaires, questions et petits rires complices.

 

3.b Lecture de Qui fait bzz ? suivi d’autres livres sur la même thématique (abeille, nature, cache-cache)…

Il est possible de mener des ateliers mélangeant création numérique et autres livres imprimés… livres documentaires ou albums jeunesse. Vous trouverez des suggestions sur le site Ricochet. Et qui sait, peut-être avez-vous une petite apicultrice en herbe parmi vos élèves ?

 

4. Les jeux (15mn)

À la suite de l’histoire interactive, nous avons inclus deux petits jeux :

4.a Le jeu de Meli-Melo

Il est possible de suivre l’instruction (étiquette en bas à gauche de l’animal à recomposer) ou d’imaginer son propre animal.
Une fois cet animal imaginaire créé, on peut enregistrer son cri et se réécouter.

Nous aimons beaucoup que nos applications soient détournées de leur usage premier. Dans le cadre d’un atelier en classe, il est possible de mettre en concurrence les groupes et de leur donner une série d’instructions de plus en plus longues :

Imaginez à quoi ressemblerait votre animal si… 

l’abeille avait mangé le chien 

l’abeille avait mangé le chien qui avait mangé la vache

l’abeille avait mangé le chien qui avait mangé la vache qui avait mangé le chat… bzz ! 

Attention : notez bien vos instructions… Il nous est arrivé de nous perdre nous-mêmes dans le déroulé des instructions :)

Les groupes peuvent alors composer leur animal puis les comparer. Il est intéressant d’avoir une discussion sur les multiples réponses (correctes) possibles à une seule et même question.

4.b Le jeu permettant d’aborder les ordres des grandeurs

Avez-vous noté l’ordre d’apparition des différents animaux dans l’histoire de Sabine ?

Après le jeu de Meli-Melo, difficile de laisser partir des enfants avec l’idée que l’abeille est aussi grosse que la vache. Ce second jeu permet de classer les animaux par ordre croissant ou décroissant.

Là, il serait également possible :
– d’imprimer les étiquettes de même taille ou de tailles correspondant à la celle de l’animal…
– de demander aux enfants de reproduire la chronologie de l’histoire à partir de ces étiquettes.

.

5. Mais alors, comment Sabine a-t’elle créé et animé ces animaux animés sur la tablette tactile ? (30mn)

À vos ciseaux !

Dans la page des « Crédits » se trouve un tutoriel pour fabriquer son propre petit chat à la manière de Sabine avec du papier (pour les membres), du tissu (pour le corps et la tête), quelques attaches parisiennes et de l’animer à l’aide de petits bâtonnets en bois.

background-bricolageipad

Une fois le pantin monté, vous pouvez le comparer à celui de l’histoire et leur montrer que Sabine a utilisé la même technique pour composer les personnages de son histoire interactive.

Chaque élément est déposé sur un calque à partir du moment où un déplacement est prévu.
Ex. : si le chat cligne de l’oeil, son oeil doit se trouver sur un calque différent de celui de la tête – tête qui elle-même ne se trouve pas sur le même calque que le bleu du ciel en arrière-plan.

Sabine a décidé des mouvements des animaux :
– la trajectoire de leurs déplacements : un point de départ, un point d’arrivé et entre les deux une trajectoire linéaire (droite) ou courbe.
– le moment où les animaux pouvaient se déplacer : un tap sur une feuille, une caresse sur le chat.

Il lui a tout de même fallu travailler avec
– un informaticien qui a déposé des petits bouts de codes informatiques à tel ou tel endroit pour indiquer qu’une action sur l’écran (‘tap’, caresse, pincement…) provoquait une autre action (vol de l’abeille, saut du chat, un son…) ;
– et des musiciens pour accompagner ses petits amis faits de tissu et papier d’une jolie mélodie.

Ce type d’activité artistique est dans la droite lignée de ce que la Fondation La main à la pâte nomme les activités débranchées.

Qu’est-ce qu’une activité débranchée ?
Le livre 1-2-3 codez « propose à la fois des activités branchées (nécessitant un ordinateur, une tablette ou un robot) permettant d’introduire les bases de la programmation et des activités débranchées (informatique sans ordinateur) permettant d’aborder des concepts de base de la science informatique (algorithme, langage, représentation de l’information…) ».

NB : Pour les bien plus grands (6 ans et plus), il vous est possible de retrouver le concept de calques et cette relation action-mouvement dans une page cachée du livre-application « Bleu de Toi » également paru aux éditions CotCotCot.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s